Le rôle des amibes 

Le rôle des amibes
dans les maladies parodontales

Par Dre Jacinthe Larivée

Vous arrivez sur les lieux de cette scène. D’après vous qui a tué l’éléphant que cette hyène est en train de dévorer? Est-ce la hyène? Ou les vautours? N’est-ce pas plutôt un autre animal qui a commis le crime et ceux que nous voyons ici ne sont en fait que des charognards qui viennent manger l’animal déjà mort.

À présent, nous faisons un prélèvement de plaque dentaire dans la bouche d’une personne atteinte d’une maladie parodontale. Vous regardez ensuite au microscope les microorganismes que nous venons de prélever. Lequel est responsable de la maladie? Est-ce la petite ronde en haut à gauche ou la grosse allongée en bas à droite? Pas évident, me direz-vous. Ce n’est pas écrit à sa surface.

Saviez-vous qu’on retrouve de 60 à 80 espèces de bactéries différentes dans une bouche donnée. D’autre part, on connaît environ 17 bactéries directement reliées à des maladies parodontales ou parodontites. Personne n’a été capable à date de démontrer que les amibes jouaient un rôle actif dans les maladies parodontales. Le seul fait d’en voir au microscope ne signifie pas qu’elles soient responsables de la maladie. Même si elles sont grosses et laides!

Comment peut-on déterminer si une bactérie est la cause d’une parodontite? Eh bien c’est le Dr Sigmund Socransky en 1977 qui a établi des critères stricts nous permettant de démontrer la responsabilité d’une bactérie dans le développement d’une parodontite.

Il faut démontrer que:

  • Ces bactéries sont présentes en grand nombre dans la lésion parodontale.
  • L'élimination de ce microorganisme résulte en une amélioration clinique de la lésion.
  • Il y a une réponse du système immunitaire à la présence de ce microorganisme.
  • La bactérie possède des facteurs de virulence (qui participent à la destruction des tissus parodontaux).
  • Un modèle animal permet de confirmer la destruction tissulaire produite par ces bactéries.

On ne peut donc simplement affirmer en voyant une bactérie ou une amibe au microscope que celle-ci est la cause de la maladie. De plus des bactéries utiles et des bactéries dangereuses ont souvent la même apparence au microscope. Présentement, l’amibe est considérée comme un vidangeur qui mange les bactéries mortes. De la même façon que le vautour qu’on trouve aux côtés d’une carcasse d’éléphant est considéré comme un charognard qui dévore un animal déjà mort.

EN SAVOIR PLUS
SUR LA PARODONTIE

Leave a Comment